Langue officielle |
khmer |
Capitale |
Ph |
Roi |
Norodom Sihamoni |
Premier ministre |
Hun Sen |
Superficie
- Totale
- % eau |
Classé 87e
181 035 km²
2,5% |
Population
- Totale (2003)
- Densité |
Classé 65e
13 124 764 hab.
72,5 hab./km² |
Indépendance
- Déclaré
- Reconnue |
de la France
9 novembre 1953
|
Monnaie |
riel |
HISTOIRE
Ancien protectorat français intégré à l'Indochine française, le Cambodge a obtenu son indépendance le 9 novembre 1953, à la fin de la guerre d'Indochine. Devenu une monarchie constitutionnelle (depuis 1947) dirigée par le roi Norodom Sihanouk, le pays affiche une politique de neutralité en ce qui concerne la guerre du Viêtnam, mais soutient en réalité le Nord-Viêtnam dès 1966, laissant transiter par son territoire des troupes et des fournitures à destination du Front de libération du Sud-Viêtnam.
Confronté, à partir de 1967-68, à une insurrection fomentée par les Khmers rouges -des rebelles communistes d'inspiration maoïste-, avec une économie qui va de mal en pis sous le poids de la corruption organisée par sa belle famille, Norodom Sihanouk, doit résoudre à confier la dire²ction du gouvernement au général Lon Nol, son pilier militaire, connu pour son anticommunisme et pour son option pour l'économie de marché, le 14 août 1969 en échange de la reprise de l'aide américaine. Le 18 mars 1970, Lon Nol, poussé par le prince Sirik Matak, de la branche Sisowath concurrente, renverse Sihanouk en déplacement à l'étranger (Moscou et Pékin). Devenu allié des États-Unis, le Cambodge est alors intégré à la stratégie d'endiguement du communisme en Asie du Sud-Est. Avec l'appui du Viet Minh, les Khmers rouges pro-viêtnamiens déclenchent une véritable guerre contre les forces gouvernementales et sont en passe de gagner avant que les États-Unis n'interviennent et tentent de sauver le régime républicain (avril-juin 1970). Mais lorsqu'en 1973 les États-Unis se désengagent de la région, leurs frappes aériennes n'ont pas réussi à arrêter la menace communiste. Alors que le Viêtnam-Nord est sur le point de gagner la guerre contre le Viêtnam-Sud, les Khmers rouges aidés par les Viêtcong prennent Phnom Penh le 17 avril 1975.
L'« Angkar » (organisation) des Khmers Rouges applique alors une politique maximaliste, plus radicale encore que celle des soviétiques et des maoïstes, visant notamment à purifier le pays de la civilisation urbaine. Les villes, à l'image de Phnom Penh dans la nuit du 17 au 18 avril 1975, sont vidées de leurs habitants, envoyés en rééducation dans les campagnes. La traque systématique des anciennes élites parlant le français et de ceux qui portent des lunettes, ajoutée aux mines, à la malnutrition et aux maladies aboutit à des massacres de masse et une catastrophe humanitaire d'origine politique : plus d'un million de personnes sont mortes, soit deux septième de la population totale du Cambodge. Certains intellectuels voudraient que cette «auto-destruction khmère» soit reconnue par les nations unies comme un génocide, mais elle ne correspond pas à la définition d'un génocide, puisque les critères de choix des victimes ne correspondaient pas à un groupe national, ethnique, racial ou religieux (article 6 de la Cour pénale internationale).
L'économie est inadaptée et incapable de subvenir aux besoins du développement.
Ce n'est qu'en 1979 que les Viêtnamiens, dont la convoitise pour les terres cambodgiennes n'a jamais cessé, tirent profit de cette auto-destruction khmère et de l'inertie internationale, pour envahir le Cambodge, provoquent l'effondrement du régime des Khmers rouges et installent un pseudo-gouvernement à leur dévotion, sous la direction nominale de Pen Sovan, Heng Samrin, Chea Sim, et Hun Sen, et réorganisent le pays selon le modèle lao et viêtnamien. Une guérilla rassemblant des mouvements divers allant des Khmers Rouges au mouvement royalistes appuyés par la Thailande fait alors rage dans le pays. Après le départ des forces du Vietnam en 1989, et l'envoi de forces de l'ONU au début des années 1990, le régime retrouvera peu à peu un semblant d'autonomie tout en restant totalitaire. Le premier ministre actuel Hun Sen, placé par le Vietnam, dirige le pays depuis cette période, et s'est maintenu au pouvoir grâce à trois élections douteuses successives dans un climat patent de violence politique. Le roi Norodom Sihanouk, redevenu chef de l'état, a abdiqué une seconde fois en 2004 au profit de son fils cadet Norodom Sihamoni, ancien danseur et ambassadeur du Cambodge auprès de l'Unesco à Paris.
GEOGRAPHIE
Pays d'Asie du Sud-Est, le Cambodge est entouré par la Thaïlande, le Laos et le Vietnam. Sa superficie est de 181.035 km² et sa bordure maritime, longue de 443 km, donne sur le golfe de Thaïlande.
La capitale, Phnom Penh, est située sur le principal fleuve du pays, le Mékong, au niveau de son delta. Ce fleuve prend sa source au Tibet et traverse la moitié est du Cambodge avant de rejoindre le Vietnam où il se jette en mer de Chine. Le plus grand lac du pays est le Tonlé Sap (en cambodgien, grand lac) formé par l'inondation d'une vaste plaine durant la saison des pluies (environ 300 km² lors de la saison sèche, et jusqu'à 10 000 km² lors de la saison des hautes eaux).