Avertissement :
Nous attirons votre attention sur le fait que la majorité des interviews sont réalisées dans les grandes villes, nos principaux contacts étant dans les métropoles et les traducteurs plus faciles à trouver.
Cela permet également d’avoir une démarche cohérente et d’assurer ainsi une comparaison raisonnable entre les différents pays traversés.
Nous ne prétendons pas faire une étude sociologique de la jeunesse du monde. Il s’agit simplement de témoignages d’avenir au fil de la Route des Rêves.
Objectifs :
La collecte des Rêves des enfants du monde est intéressante à plusieurs titres :
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Constater les différences de rêves d’avenir entre les pays traversés et évaluer la dose d’espérance de la jeunesse dans chaque pays<
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Sensibiliser le public, à travers l’histoire individuelle d’un rêve, sur la situation plus globale d’un pays
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Sensibiliser les enfants des écoles françaises partenaires, aux rêves et réalités, parfois difficiles, des autres peuples
Echantillon :
Une vingtaine d'enfants ont été interviewés sur leur rêve et métier d'avenir entre Ho Chi Minh ville et Hué. Parmi les rêves collectés, nous avons sélectionné les plus récurrents. A la demande des écoles, les photos des enfants ne sont pas associées à leurs noms.
Linh (13 ans) et Phuong (9 ans) veulent être "businessman". Volontaires et travailleurs, ils veulent profiter de l'ouverture économique du pays, amorcée depuis une dizaine d'années.
Le communisme a fait donc place au capitalisme. Empruntant la même route que les chinois, le gouvernement vietnamien a laché les rênes de l'économie pour permettre au pays d'accéder à la prospérité, tout en conservant une poigne de fer dans le domaine politique et celui de la pensée. Avec une croissance annuelle de 8%, le Vietnam est l'un des rares "tigres d'Asie" capable de garder le géant chinois dans sa ligne de mire. Il en résulte aujourd'hui un mélange assez paradoxal d'économie ultra-libérale et de politique ultra-conservatrice qui ne manque pas de rendre les vietnamiens perplexes quant aux fondements réels du pays : plus ils entrent en relation avec le monde extérieur par le biais des affaires, du tourisme et d'internet, plus cette contradiction devient difficile à admettre.

Quant à Kieu (15 ans), et Luong (14 ans), ils n'ont pas encore une idée bien précise de leur métier d'avenir. En revanche, ils ont un rêve : partir à l'étranger pour étudier. USA, Australie, France, ou Grande Bretagne sont leurs pays de prédilection. Economie, Langues, Droit... ils ne savent pas encore la voie à choisir. Au delà du métier, ils veulent avant tout s'ouvrir sur le monde et assouvir leur soif de découverte.
Ces témoignages peuvent apparaître surprenants pour le Vietnam, pays longtemps considéré comme fermé et peu libéral. Mais, à l'heure de l'ouverture du pays à l'économie de marché et à Internet, ces rêves d'enfants prennent alors tout leur sens.
D'autant plus que le fait d'étudier à l'étranger leur promet un bel avenir de retour au pays. En effet, la majorité de l'élite du pays a fait ses études à l'étranger, en commencant par l'homme le plus vénéré du Vietnam, le fondateur du parti communiste vietnamien...Ho Chi Minh, mort il y a plus de 30 ans.
Plus qu'étonnant de constater que l'élite d'un régime communiste ait besoin de se former dans les pays démocratiques. Encore plus étonnant pour un système politique pronant l'égalité des chances en matière d'éducation. Doit-on voir, dans cet état de fait, une des contradictions du système communiste?? Nous vous laissons le soin d'en juger. 
Enfin, une chose nous a réellement frappé. Les enfants vietnamiens sont "ambitieux" plus pour leur famille que pour eux même. Autant certains enfants cambodgiens nous ont parlé de leur famille à travers leurs rêves matérialistes, ici au Vietnam, la quasi-totalité des enfants veulent travailler et réussir leur vie professionnelle pour aider leurs parents et subvenir à leurs besoins...
Kimi (12 ans) veut devenir chanteuse "pour le bonheur de mes parents" dit elle.
Luong (10 ans) rêve d'être enseignante "pour nourrir mes parents".
Quant à Jing, il veut devenir commercant "pour transférer un capital à mes parents"...!!
Le système de retraite n'existant pas au Vietnam, plusieurs générations cohabitent sous le même toît. Quelque soit le rêve d'avenir, la réussite professionnelle semble être intimement liée au bonheur familial et à la solidarité inter-générationelle.
