IRAN

   
   
 

Avertissement :
Nous attirons votre attention sur le fait que la majorité des interviews sont réalisées dans les grandes villes, nos principaux contacts étant dans les métropoles et les traducteurs plus faciles à trouver. Cela permet également d’avoir une démarche cohérente et d’assurer ainsi une comparaison raisonnable entre les différents pays traversés. Nous ne prétendons pas faire une étude sociologique de la jeunesse du monde. Il s’agit simplement de témoignages d’avenir au fil de la Route des Rêves.

Objectifs :
La collecte des Rêves des enfants du monde est intéressante à plusieurs titres :

  • Constater les différences de rêves d’avenir entre les pays traversés et évaluer la dose d’espérance de la jeunesse dans chaque pays<
  • Sensibiliser le public, à travers l’histoire individuelle d’un rêve, sur la situation plus globale d’un pays
  • Sensibiliser les enfants des écoles françaises partenaires, aux rêves et réalités, parfois difficiles, des autres peuples

Echantillon :
Une trentaine d'enfants ont été interviewés sur leur rêve et métier d'avenir entre Tabas et Téhéran. Parmi les rêves collectés, nous avons sélectionné les plus récurrents.

Téhéran est aussi l’occasion d’interviewer de jeunes iraniens sur leur vision d’avenir...L’Iran est un pays avec une population résolument très jeune. Environ 70 % de la population ont moins de 30 ans et près d’un tiers de la population a moins de 15 ans.

En cette fin juin 2006, les écoles sont fermées pour cause de vacances scolaires. Donc, via le contact d’une femme iranienne, nous rassemblons quelques enfants de plusieurs immeubles d’un quartier pour réaliser nos interviews.

Les jeunes iraniens interrogés, tous âgés d’une quinzaine d’années, ont l’ambition de devenir ingénieur, ou docteur pour la plupart…Pour cela, ils sont conscients qu’ils ont besoin d’être volontaires et courageux.
Comme le précise Mohamed, 13 ans, « Je dois travailler dur pour réaliser mon rêve d’être chirurgien »…Même son de cloche pour la petite Zahra, 14 ans qui rêve de devenir ingénieur.

Une chose est certaine, en Iran…Les jeunes iraniens sont conscients de la richesse de leur histoire et de leur culture…C’est la raison pour laquelle tous les jeunes ont le désir d’étudier, d’apprendre…A titre indicatif, le taux d’alphabétisation du pays dépasse les 80%.

Cette soif d’apprendre est indéniable. Le peuple iranien est, assurément, un peuple instruit et intelligent.

Cette aspiration témoigne d’une grande curiosité à l’égard de leur propre culture, certes, mais à l’égard d’autres cultures…Nous avons été, maintes fois, l’objet de questions de jeunes iraniens, très curieux de connaître notre style de vie à l’européenne.
L’Occident attire, sans aucun doute, toute cette jeunesse…Certains, comme Elaheh (14 ans) et Mustafa (15 ans), veulent étudier à l’étranger...

D’autres jeunes filles semblent attirées par la mode occidentale…
Par exemple, il est courant de voir, surtout à Téhéran, cohabiter deux styles de femmes.
Les jeunes filles traditionnelles voilées de la tête au pied…et d’autres jeunes femmes, qui continuent à respecter les traditions en se voilant la tête, tout en se permettant certaines audaces occidentales (maquillage, mèches de cheveux teintées dépassant du voile, sacs et lunettes à la mode…)
Le contraste est saisissant et révèle les deux visages de l’Iran d’aujourd’hui : L’Iran classique, conservatrice et l’Iran moderne et réformiste…

Malgré cette attirance pour l’Occident, cela ne les empêche pas de clamer leur fierté d’être iranien et d’être musulman. Nombreux sont les jeunes qui ont exprimé « leur rêve d’aller à la Mecque ». En effet, le jeune iranien d’aujourd’hui a grandi dans un contexte où l’identité musulmane est très affirmée (contrairement à l’époque du Shah où l’Islam s’effaçait derrière « l’iranité »)

Concernant leur pays, ils aspirent tous « au changement », à plus de liberté, plus de démocratie et, aussi, à plus de modernité »…Moritza (15 ans) nous exprime aussi son « rêve de voir disparaître la corruption au sein du pays ». Il rêve aussi « de plus de transparence dans la presse et les élections ». En d’autres termes, le retour au conservatisme et la Révolution Islamique de l’époque de l’ayatollah Khomeiny n’est pas très souhaité. Il convient aussi de préciser que près de la moitié des iraniens n’a jamais connu autre chose que la République Islamique.
Seul, le Président Khatami élu en 1997 et en 2001 (plébiscité à 75%) a tenté d’incarner la voie des réformes, en tant que leader de la transformation de la théocratie en démocratie. Malheureusement, le réformiste Khatami s’est décrédibilisé en ne mettant  pas en œuvre les réformes promises, face à une « mollarchie » ultraconservatrice, un clergé iranien omnipotent aux pouvoirs bien supérieurs à ceux de Kathami.

Par ailleurs, il semble y avoir une chose que partagent unanimement les jeunes interviewés : leur rêve d’indépendance pour leur pays. Chacun des jeunes nous a exprimé le désir d’avoir un pays « libre et indépendant » qui puisse décider et choisir par eux-mêmes l’avenir économique et politique de leur pays.
En d’autres termes, leur nationalisme s’affirme sans aucun doute. Ils ne tolèrent pas que d’autres pays que l’Iran puissent décider de l’avenir de la République. Comme dit Mohamed, « Je rêve que le pays ne dépende pas d’autres pays étrangers».
Quant à Zahra, elle souhaite que « seuls les Iraniens décident de l’avenir du pays ».

Enfin, certains jeunes nous ont exprimé leur « désir de paix et de tolérance ». Rappelons que la dernière guerre, opposant l’Iran et l’Irak, date de 1988. Une guerre fratricide de 8 ans provoquant 500 000 morts de part et d’autre.