Langue officielle |
Turc |
Capitale |
Ankara
39°55'N 32°50"E |
Plus grande ville |
Istanbul |
Président |
Ahmet Necdet Sezer |
Premier ministre |
Recep Tayyip Erdoğan |
Superficie
- Totale
- Eau (%) |
Classé 36e
780580 km²
1.3% |
Population
- Totale (2005)
- Densité |
Classé 17e
71 423 200 hab.
85,3 hab./km² |
Fondation |
29 octobre 1923 |
Gentilé |
Turc, turque |
Monnaie |
Livre turque (Türk lirası - TL)
depuis le 1er janvier 2005 Nouvelle livre turque
( 1 YTL = 1 000 000 TL) (YTL) |
Créée à la suite du démembrement de l’ancien Empire ottoman de 1918 à 1923, la République de Turquie est un pays situé en majeure partie en Asie (Anatolie), avec 4% du territoire en Europe (Thrace).
Histoire (depuis 1920)
Démembrement et Résurgence (1918-1923)
Les accord Sykes-Picot (1916-1917) s'avèrent inapplicables en 1919. C'est finalement le traité de Sèvres (10 août 1920) qui est signé : la Turquie est partagée en « mandats », démantelée, sanctionnée. Elle ne conserve qu'Istanbul en Europe, est amputée en Asie de ces provinces arabes et arméniennes.
Mustafa Kemal, fort du prestige qu'il avait acquis lors de sa victoire pendant la Bataille des Dardanelles, organise la résistance face à la domination occidentale, dans l'est du pays. Des débuts de tractations avec les bolcheviks alarment Français et Britanniques, qui acceptent alors les revendications de Kemal et abandonnent ainsi leurs protégés : Arméniens du Caucase et de Cilicie, Grecs d'Asie Mineure et du Pont. Le futur Atatürk se glorifiera de cette « guerre de libération nationale ». Le sultanat est aboli le 1er novembre 1922. Le traité de Lausanne est signé le 24 juillet 1923 : le traité de Sèvres est annulé, un État-Nation turc est créé. La population grecque est déplacée, échangée contre des habitants des Balkans. Le 29 octobre 1923, la République de Turquie est proclamée, avec pour président Mustafa Kemal.
La Révolution Kémaliste (1923-1938)
Mustafa Kemal avait appartenu au mouvement des Jeunes Turcs. Il était partisan d'un nationalisme restrictif (modèle de la Petite Turquie) et anticlérical. Son modèle de référence restait ancré dans la France des Lumières. Il avait l'ambition de modeler une civilisation turque moderne, souhaitant pour cela la « Révolution à toute vapeur ». Ses méthodes restaient fondées sur le volontarisme et le populisme : « malgré le peuple, pour le peuple »; une société unie/unique, sans lutte des classes, mais turque avant tout (il se méfiait des minorités depuis le Traité de Sèvres).
L'armée reste un pilier de la nation ; l'école laïque, gratuite et obligatoire, le modèle d'école républicaine de Jules Ferry est instaurée, une forte action culturelle est entreprise avec les « maisons du peuple » (la Turquie restera un « État papa » jusque dans les années 1980). Une nouvelle capitale, Ankara, est choisie, au détriment d'Istanbul, la capitale historique et impériale. La langue est totalement remaniée, une politique panturquiste est alors appliqué par Mustafa Kemal, qui va jusqu'à remplacer l'alphabet arabe par l'alphabet latin en 1928. L'histoire turque est réecrite afin de donner des racines à cette nation, à l'instar des États occidentaux au XIXème siècle. Le problème est pour eux de localiser la mère patrie, puisque l'on trouve des turcs de la Grèce à l'Afghanistan. Ils y sont aidés par de nombreux conseillers étrangers.
En politique étrangère, Atatürk tient fermement au principe de neutralité. À part un contentieux difficilement réglé avec la Grèce en 1933, et l'affaire du Sandjak d'Alexandrette, donné en 1938 à la Turquie par le Mandat français en Syrie, la Turquie se garde d'intervenir dans les conflits régionaux.
Dès la Révolution de 1908, les femmes émergent sur la scène politique. En 1919, suite à de grandes manifestations, des mesures sont prises visant à faire évoluer le statut de la femme : égalité avec les hommes reconnue dans le code civil, mariage civil obligatoire, interdiction de la polygamie, de la répudiation, du port du voile à l'école, scolarisation des filles, embauche de femmes dans l'administration... En 1930, elles votent et sont éligibles aux élections locales et en 1934 aux élections nationales (1946 en France...).
La Turquie kémaliste se veut résolument laïque. Le califat est abandonné le 3 mars 1924. C'est alors largement perçu comme un sacrilège par le monde-arabo musulman. En 1937, la laïcité est inscrite parmi les principes fondamentaux, assortie d'une loi de contrôle (création de la Direction des affaires religieuses). La légalité civile remplace le code religieux, le Calendrier grégorien est adopté, et le dimanche devient le jour de repos hebdomadaire. Mais c'est plus qu'une laïcité, car elle est dynamique et autoritaire. L'anticléricalisme est prononcé, mais le spiritualisme musulman n'est pas pour autant abandonné. Ce mouvement laïc sera surtout efficace dans les grandes villes de l'ouest du pays.
Des visées soviétiques à l'adhésion à l'OTAN (1941-1952)
Restée sur la leçon de la Première Guerre mondiale, la Turquie choisi la neutralité lors du deuxième grand conflit du XXe siècle. Elle signe un traité de non agression avec l'Allemagne en 1941, mais lui déclarera la guerre en février 1945, condition posée pour participer à la conférence de San Francisco marquant la naissance de l'ONU.
La Convention de Montreux confie à la Turquie la responsabilité des détroits de la mer Noire, convoités par Staline (pour deux raisons : l'une historique, Constantinople était la capitale de la chrétienté orthodoxe, religion majoritaire dans une Russie qui n'a jamais accepté la prise de la ville par les Turcs ; et l'autre géostratégique, probablement la plus importante : les Russes ont toujours voulu un accès à la Méditerranée pour leur flotte de la mer Noire).
Face à cet accord international, Staline revendique des territoires à l'ouest de la Turquie. Les États-Unis soutiennent alors la Turquie, définitivement perdue pour le Bloc de l'est.
En effet, la Turquie intègre l'OTAN en 1947, signe des accords de coopération militaire et économique avec les États-Unis en 1947-1948, bénéficie du plan Marshall et fonde et entre au Conseil de l'Europe. Elle abrite encore aujourd'hui des bases américaines, et a maintenu avec ce pays une alliance étroite jusque début 2003...
Le post-kemalisme : entre démocratie, armée et retour à l'islam (1945-2000)
À partir de 1945, la Turquie connaît une réforme électorale allant vers plus de démocratisation. En effet, en autorisant la mise en place de nouveaux partis, elle permet l'apparition d'une opposition légale.
Cela se traduit dès mai 1950 par l'arrivée au pouvoir du Parti démocrate, avec 53% des voix. C'est la première alternance politique depuis 1923.
L'économie se libéralise, grâce à une forte aide américaine, et le laïcisme kemaliste est remis en cause (manuels coraniques en arabe, retour à l'éducation religieuse dans les écoles publiques, assouplissement des normes vestimentaires...).
Cependant, opposés au Parti démocrate, les militaires considèrent qu'il y a une dérive politique. Le 27 mai 1960, le général Gürsel renverse le gouvernement au nom de l'armée et installe un gouvernement provisoire. C'est le début d'une embellie démocratique, et l'intervention des militaires est paradoxalement qualifiée de coup d'État progressiste.
La situation politique se dégrade au cours des années 70. L'extrême-gauche et l'extrême-droite se radicalisent, la guerre civile au Liban commencée en 1975 provoque l'arrivée de nombreux réfugiés libanais en Turquie. Le 12 septembre 1980, la Turquie connaît un nouveau coup d'État militaire suivi d'une forte répression. Tous les partis sont dissous, les militaires prennent la tête des nouvelles organisations. Ils se donnent un rôle important dans la Constitution, et mettent en place un Conseil National de sécurité pour préparer le retour des civils au pouvoir.
Celui-ci est mis en place par Turgut Özal, premier ministre en 1984, président en 1989, qui tente de concilier la nature démocratique du régime, les principes fondateurs de la République et l'islam. Il tente également de donner une réponse culturelle à la question kurde.
Depuis le début du XXIe siècle, le pouvoir est entre les mains du parti AKP. C'est un parti considéré comme « islamiste modéré », il se réclame de la démocratie musulmane comme d'autres se disent de démocratie chrétienne. Les militaires disparaissent petit à petit des institutions gouvernementales où leur place était prépondérante.
Le 1er janvier 2005, la Nouvelle livre turque est adoptée : une NLT vaut 1 million d'anciennes livres turques. Cette réforme monétaire est lancée, après des décennies d'inflation galopante et plusieurs dévaluations, grâce à un relatif assainissement du budget de l'État (qui s'exprimait en quadrillions). Elle permet aussi d'éviter nombres d'erreurs de comptes.
L'Union européenne et la Turquie
La Turquie pose sa candidature pour devenir membre associé de la CEE en 1959, elle obtient satisfaction en 1963. La Turquie se porte candidate à l'entrée dans l'Union européenne en 1987. Dix-sept ans après sa première demande, le Conseil de l'Europe a approuvé en décembre 2004 l'ouverture de négociations avec la Turquie, qui débuteront le 3 octobre 2005. L'avenir proche de la Turquie tout comme de l'Europe se joue dans cette adhésion très polémique.
Quelques dates :
- 10 août 1920 : à la fin de la Première Guerre mondiale, le traité de Sèvres partage l’Empire ottoman ; il prévoit un Kurdistan et une Arménie indépendants, attribue la Thrace orientale et la région de la mer Égée à la Grèce et met les territoires arabes sous contrôle de la France et de la Grande-Bretagne
- 1920-1923 : guerre d’indépendance menée par Mustafa Kemal
- 24 juillet 1923 : traité de Lausanne qui revient sur le traité de Sèvres en attribuant l’Anatolie et la Thrace à la Turquie
- 29 octobre 1923 : Mustafa Kemal fonde la République turque et en devient le premier président
- 1923 : Ankara devient la nouvelle capitale en remplacement d'İstanbul
- 1923 : création du parti unique Cumhuriyet Halk Partisi (Parti républicain du peuple)
- 1938 : mort de Kemal Atatürk ; le nouveau président, désigné par le parlement, est İsmet İnönü
- 1945 : fin du système de parti unique
- 1946 : création du Demokrat Parti
- 1950 : le Demokrat Parti gagne les élections législatives ; Adnan Menderes devient Premier ministre ; abandon de nombre d’interdictions religieuses datant d’Atatürk
- 18 février 1952, la Turquie devient membre de l’OTAN
- 1959 : la Turquie pose sa candidature pour devenir membre associé de la CEE.
- 27 mai 1960 : coup d'état militaire ; Adnan Menderes et deux autres dirigeants sont pendus
- 1961 : nouvelle constitution ; arrivée au pouvoir de l'Adalet Partisi
- 1963 : un accord d'association entre la Turquie et la CEE est signé
- 1965 : Süleyman Demirel premier ministre
- 1970 : crise économique ; climat de violence ; attentats d’extrême gauche
- 12 mars 1971 : coup d'état militaire ; démission de Süleyman Demirel ; répression de la gauche et des Kurdes ; limitations à la liberté de la presse et aux droits syndicaux
- 1974 : invasion de Chypre ; embargo militaire américain
- mai 1980 : grève générale contre les violences de l'extrême-droite
- 12 septembre 1980 : coup d’état militaire ; 30 000 arrestations ; dissolution du parlement et interdiction des partis politiques
- novembre 1982 : nouvelle constitution ; les anciens partis restent interdits
- décembre 1983 : l'Anavatan Partisi nouvellement créé gagne les législatives ; Turgut Özal premier ministre ; virage libéral (privatisations) et islamiste (enseignement religieux obligatoire)
- 1984 : début d’une guérilla menée par le parti kurde PKK sous la direction d’Abdullah Öcalan qui fera 30 000 morts jusqu’en 1999
- Avril 1987 : la Turquie fait une demande d’adhésion à l’Union européenne.
- Décembre 1989 : la Commission européenne déclare la Turquie éligible à une candidature, mais elle diffère l'examen du dossier.
- 1991 : Mesut Yılmaz premier ministre
- juin 1993 : Tansu Çiller (Doğru Yol Partisi) 1re femme premier ministre
- juillet 1993 : 37 intellectuels alévis meurent dans un incendie criminel à Sivas
- 1er janvier 1996 : l'Union douaniere entre l'Union européenne et la Turquie entre en vigueur. La Turquie abolit les taxes d'importation sur les produits venant de l'Union européenne
- 1996 : gouvernement islamiste de Necmettin Erbakan, renversé par l’armée en 1997 ; Mesut Yılmaz premier ministre
- janvier 1999 : Bülent Ecevit premier ministre d'un gouvernement de coalition gauche (DSP), droite (DYP) et extrême-droite (MHP)
- Décembre 1999 : l'Union européenne accepte officiellement la candidature de la Turquie lors du sommet d'Helsinki, et souligne la "vocation européenne" du pays, mais elle fixe des conditions a son entrée que la Turquie accepte.
- 1999 : Abdullah Öcalan arrêté au Kenya, jugé et condamné à mort (peine commuée en prison à vie en 2002 avec l'intervention de l'UE).
- février 2001 : crise financière ; livre turque dévaluée de 50%
- Octobre 2001 : la Turquie modifie radicalement sa constitution pour remplir aux critères politiques fixés par l'Union européenne.
- Août 2002 : abolition de la peine de mort sauf en temps de guerre (restriction levée en 2004); la dernière exécution avait eu lieu en 1984 ;
- 2003 : arrivée au pouvoir du parti islamiste AKP ; Recep Tayyip Erdoğan premier ministre
- 2005 : introduction de la nouvelle livre turque (YTL) ; 1 YTL = 1 000 000 TL
- 2005 : adoption d’un nouveau code pénal accordant plus de libertés individuelles et plus conforme aux exigences européennes.
- 2005 : Début des négociations d'adhésion avec l'Union européenne. (Dans la nuit du 3 au 4 octobre)
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Géographie

La Turquie est située pour sa majeure partie (96 %) en Asie (Anatolie), où se trouve sa capitale Ankara, mais une partie du pays se trouve en Europe (4 %), la Thrace.
La principale ville, İstanbul (qui s’est auparavant appelée Byzance puis Constantinople jusqu'à la conquête ottomane au XVe siècle), est située entre la Thrace et l’Anatolie, les deux parties de la ville étant séparées par le détroit du Bosphore. C’est la seule ville au monde à cheval sur deux continents
Paysage et géologie
La Turquie se compose de deux chaînes de montagnes, les Taurus et la chaîne pontique, qui enserrent le haut plateau anatolien. Ce sont des formations géologiques jeunes, toujours actives, comme l'indiquent les nombreuses failles et plissements. Environ 80 % du pays se trouve dans une zone tectonique extrêmement active. la Turquie possède huit pincipaux bassins hydrographiques dont les plus importants sont ceux de l'Euphrate (Firat) et du Tigre (Dicle). Environ un quart du pays est couvert de forêts — pins, épicéas, cèdres et arbres à feuilles caduques.
Découpage administratif
La Turquie est divisée en 81 provinces (en turc il) elles-mêmes découpées en arrondissements (ilçe). Les provinces et les arrondissements sont administrées respectivement par des préfets (vali) et des sous-préfets (kaymakam) nommés par l’État. La province est la circonscription électorale pour l’élection des députés au parlement.
Les maires de commune (belediye başkanı) sont élus au suffrage universel, en même temps que les maires de quartier ou de village (muhtar). Dans certaines grandes villes il existe un niveau administratif au-dessus des communes, la « métropole » (büyükşehir).
Démographie
Quelques indicateurs statistiques (tirés de l’état du monde 2004, Paris, La Découverte, 2003)
- croissance démographique annuelle (2000-2005) : 1,4 %
- indice synthétique de fécondité : 2,43 enfants par femme
- mortalité infantile : 39,5 pour mille
- espérance de vie : 70,5 ans
- nombre de médecins pour mille habitants : 1,30
Diplomatie
La Turquie fait partie de l’OTAN depuis le 18 février 1952. Elle abrite une base américaine à İncirlik.
Après les premières victoire de l'armée arménienne sur l'armée azerie, le président turc Süleyman Demirel décrète en 1993 un embargo contre l’Arménie. C'est d'après le gouvernement turc un acte de solidarité avec les Azeris et son président Əbülfəz Elçibəy qui était encore sous le feu arménien. La frontière est encore aujourd'hui entièrement hermétique, la Turquie n'a toujours pas levé son embargo.
Elle est un des rares Etats à majorité musulmane à avoir de bonnes relations avec Israël. La Turquie fut le premier pays à majorité musulmane à reconnaître l'Etat d'Israël dès 1949. La Turquie ravitaille Israël en eau, ainsi les deux Etats ont signés un accord portant sur 50 millions de m³ d'eau douce par an pendant vingt ans, pour une valeur d'environ un milliard d'euros. Une coopération militaire très étroite se développe entre Israël et la Turquie depuis 1996, plusieurs accords sur la défense et d'échanges de haute technologie ont été conclus. Les deux Etats entreprennent également des manoeuvres militaires conjointes, épaulées par les Etats-Unis.
La Turquie ne reconnaît pas la République de Chypre, mais est le seul État à reconnaître la République turque de Chypre du Nord proclamée par la communauté turque de l'île en 1983, après l’intervention en 1974 par l’armée turque, en réponse à un coup d'Etat des officiers grec-chypriotes visant à attacher l'île entière à la Grèce, contrairement aux accords internationaux signés en 1959-1960.
Des tensions apparaissent sporadiquement avec la Grèce au sujet de la mer Egée.
La Turquie est actuellement candidate à l’adhésion à l’Union européenne ; les négociations ont commencé en octobre 2005. Les conditions à remplir pour son adhésion les plus souvent évoquées sont :
- l’indépendance du pouvoir civil face à l'armée ;
- la reconnaissance de la République de Chypre ;
- la reconnaissance du Génocide des Arméniens de 1915 perpétré sous l'empire ottoman ;
- l’application des normes de protection des minorités, en particulier la minorité kurde.
Politique
La Turquie est une république parlementaire.
Le président est le chef de l’État et le premier ministre est le chef du gouvernement. Le président est nommé par l’assemblée nationale pour un mandat de 7 ans. Le président choisit le premier ministre.
Le pouvoir législatif est exercé par la Grande assemblée nationale de Turquie composée de 550 sièges renouvelés tous les 5 ans.
La constitution en vigueur date de 1982.
Laïcité
Alors que la constitution du 20 janvier 1921 ne mentionnait pas la religion, la loi constitutionnelle du 29 octobre 1923 modifie l’article 2 en indiquant que « la religion de l’État turc est l’islam » (Türkiye Devletinin dini, Dini İslâmdır). Cette mention est conservée dans la constitution du 20 avril 1924 (dont l’article 75 proclame pourtant la liberté de conscience et de culte - à condition qu’elles ne s’opposent pas aux lois), supprimée le 11 avril 1928 et remplacée le 10 décembre 1937 par « l’État turc est républicain, nationaliste, populiste, étatiste, laïque et réformateur » (Türkiye Devleti, Cumhûriyetçi, Milliyetçi, Hâlkçı, Devletçi, Laik ve İnkılâpçı’dır), les « six principes d’Atatürk ».
Bien que des réformes allant dans le sens de la laïcité aient été accomplies sous Atatürk (abolition du califat, etc.), la Turquie n’est pourtant pas un état strictement laïc dans le sens où il n’y a pas de séparation entre la religion et l’État mais plutôt une mise sous tutelle de la religion par l’État ; chacun reste cependant libre de ses croyances.
C’est ainsi que la religion est ainsi mentionnée sur les papiers d’identité et qu’il existe une administration dite « Présidence des affaires religieuses » (diyanet) qui instrumentalise parfois l’islam pour légitimer l’État.
Tout cela s’est traduit sous Atatürk par :
- l’accord du droit des votes aux femmes en 1934 ;
- la fermeture de certains lieux de pélerinage ;
- l’interdiction des confréries religieuses (nakşibendis, nurcus,…) ;
- l’interdiction du port du voile pour les femmes dans les administrations et écoles publiques.
Certaines de ces mesures ont été abolies lors de l’accession au pouvoir du Demokrat Parti (Parti démocrate) d’Adnan Menderes en 1950, mais la religion est restée sous contrôle de l’État. À certaines périodes de la République turque (sous Turgut Özal) l’enseignement religieux est même devenu obligatoire.
Économie
Quelques indicateurs statistiques (tirés de CIA The World Factbook ) :
- PIB : 508,7 milliards de $ (c’est-à-dire deux tiers du PIB du Mexique (615 milliards de $)
- PIB / hab. : 7400 $
- Recherche et développement, en % du PIB : 0,64 %
- 2002 : la Turquie connaît de graves problèmes économiques : après une dévaluation d’environ 50 %, il faut plus d’un million de livres turques pour obtenir un euro.
- 1er janvier 2005 : introduction de la nouvelle livre turque (YTL, environ 1,60 euro) qui remplace 1 million de livres turques (TL)
Culture
La culture de la Turquie est multiple. Soumise aux influences européennes et islamiques, elle possède également des racines proprement turques - sans parler des cultures minoritaires kurdes, arméniennes, lazes, etc. Cette triple identité se retrouve dans bien des domaines culturels, ainsi qu’en politique et même dans le vocabulaire du turc, la langue officielle.
Langue
D’après l’article III de la Constitution de 1982 la Turquie a une seule langue officielle qui est le turc. Parmi les autres langues parlées, on trouve notamment l'arabe (dans la région d’Antioche et Siirt), le kurde-kurmanci (est), le laze (nord-est), etc. On dénombre en Turquie une cinquantaine de langues et dialectes différents et 9 alphabets. Depuis 2002, d’autres langues minoritaires sont reconnues et autorisées, y compris à l’enseignement.
Religion
La religion majoritaire de la Turquie est l’islam, majoritairement sunnite avec une importante communauté chiite alévie.
Il y a également des minorités orthodoxe et juive surtout à İstanbul et İzmir.
Une enquête publiée en décembre 2004 dans le Wall Street Journal version européenne annonce que 95 % des Turcs sont musulmans et 72 % observent les prescriptions de l’islam.
Sports
Le sport national est la lutte gréco-romaine (réservé aux hommes). Le football est très probablement le sport le plus populaire ; la vie s’arrête pratiquement lors des rencontres entre Galatasaray et Fenerbahçe… Voir l’article : football turc.
Le volley-ball et le beach-volley sont très appréciés par les femmes comme par les hommes.