Avertissement :
Nous attirons votre attention sur le caractère très personnel de ces carnets de voyages.
En aucun cas, ces récits n’engagent les partenaires et sponsors du projet « Des Rêves plein le Monde ».
Ces carnets de voyage sont rédigés simplemement dans l’optique de donner quelques nouvelles à notre entourage.
Vous y trouverez nos joies et galères, nos impressions et ressentiments sur la Route des Rêves. Rien de plus.
Impressions de voyageurs enthousiastes et émerveillés, parfois exarcébés, fatigués ou en colère.
Il convient donc de prendre ces récits, comme de simples impressions au fil de la Route, avec tout le recul nécessaire qui s’impose.
Pour le thème central du projet, à savoir les rêves et projets des enfants et d’adultes, nous vous invitons à consulter la rubrique « Collectionneurs de Rêves ».
Janvier 2006 - Bangkok
Une longue semaine.. voici le temps qui nous a été nécessaire à Bangkok pour réceptionner les motos, les dédouaner, les monter et enfin les préparer pour le grand départ. Ce fut aussi l'occasion de rencontrer journalistes et ambassade, nous fournissant de nombreux contacts fort utiles, et témoigant d'une grande disponibilité.
De l'aéroport au centre de BKK, de bureau en bureau, les démarches admisnistratives de dédouanement se révèlent longues et fastidieuses..., digne d'un parcours du combattant de l'ASSEDIC, à travers la chaleur et la pollution de la ville. Contrairement à nos idées préconcues, aucune tentative de bakschish de la part des thailandais lors du dédouanement. Leur coté chaleureux nous a malgré tout séduit.
En revanche, l'univers superficiel que représente le quartier de Koa San Road nous déplait toujours autant. Véritable usine " à Backpackers", le tatouage et les dreadlocks sont de mise pour faire partie de cette tribu d'occidentaux. Fraîchement arrivés des 4 coins du globe, tout semble permis pour ses voyageurs occidentaux en quête de sensations fortes. Tout est possible sous les tropiques et bien loin des regards accusateurs de nos pays : prostitution institutionnalisée, drogues en vente libre et on en passe... Triste image que donnent ces "voyageurs" au peuple thaï...
Bref, il nous tarde de nous échapper de cette plaque tournante et délirante afin de rejoindre notre véritable point de départ, à savoir le Cambodge et sa capitale Phnom Penh. 
Motos préparés, équipements achétés, balluchons ficelés...nous partons direction plein Est, et rejoignons la frontière cambodgienne pour un vrai baptème de poussière et de bosses.
Baptème de motards également, notre expérience en la matière étant plus que sommaire. Notre sortie de BKK s'accompagne d'une certaine appréhension... au vue des scoubidous que représentent les autoroutes superposées. Nous affutons nos premiers réflexes en slalomant entre les embouteillages, retenant notre souffle et notre respiration face à certains dieux du volant. La conduite à gauche s'annonce plus facile que prévue.
L'extrème vigilance s'impose donc pour s'échapper des griffes de cette mégalopole. Néanmoins, le bizutage se passe sans encombres et nos premières envolées peuvent enfin commencer. Notre route des rêves se dessine alors au gré de sublimes paysages. YALLAH!!! .
Janvier 2006 - Cambodge
Passage de la frontière cambodgienne à Poipet en douceur, bien que les formalités de sortie du territoire thaï se révèlent, étonnement, plus longues que prévues.
Cambodge...Nous voilà...La route vers le Projet s'ouvre à nous. Difficile de cacher notre excitation...On explose, on exulte...Des hurlements de joie enfantine supplantent le ronron du moteur...Regards croisés, sourires généreux sous nos casques...
Bref, vibrations à plein poumons. Nous sommes heureux...Heureux d'être sur la route, de rejoindre ce doux rêve qui reste à vivre, à nourrir et à partager.
La route, ou devrait-on dire la piste, pour relier Siem Reap, s'avère poussiéreuse et cabossée à souhait. Pour ce baptème, la poussière nous bénit de ses fines particules. Chaque dépassement ou croisement avec un camion nous pare d'une belle couche ocre...On voulait "bouffer"de la poussière. Nous sommes plus que servis...mais o combien ravis par cette expérience qui nous change de nos conditions habituelles.
Le chemin se rèvéle riche d'enseignements en terme de conduite. Seulement 20 à 30 km/h de moyenne. Notre adresse dans les zones sableuses s'affine...et notre prudence redouble d'intensité au passage de pont en bois...Sauf que...
Premier faux pas...Vlan...Fix couche la moto à 2km/h lors d'un passage sur une planche vicieuse et trouée...Rien de bien inquiétant.
La beauté des paysages défilent généreusement sous nos yeux et l'arrivée (après 6 heures de route et 150 Km) vers Siem Reap a un savoureux goût de victoire...Victoire d'arriver enfin en terre Khmer. Victoire d'avoir franchi la première étape du périple sans encombres...Victoire de se rapprocher tout doucement mais sûrement de Phnom Penh.
On se précipite, à plein régime, vers le fameux temple d'Angkor Vat pour une arrivée mythique comme jamais. La chance nous sourit, les checkpoints, installés à l'entrée du site, nous distinguent mal dans la pénombre. Une aubaine...Nous n'étions pas au courant que l'accès du site était interdit aux motards en roue libre comme nous.
La magie des lieux s'opère malgré l'afflux touristique. On savoure...
Sur le chemin du centre, on découvre que la ville s'est prodigieusement métamorphosée (depuis notre précédent passage en 1999 et 2001) au contact de l'attrait touristique que représente le site d'Angkor...
Grands hôtels, infrastructures touristiques...Tout y est, on ne reconnait rien...Malgré notre premier étonnement devant cette industrie pour touristes, on se réjouit du potentiel de cette "mine d'or" pour le Cambodge et son développement économique. Puissent l'identité et la magie du site être préservée raisonnablement.
Nos deux journées à Siem Reap sont consacrées essentiellement à notre premiere rencontre du projet, l'association OSMOSE (voir rêves d'adultes) avec Frédéric Gous, l'un des fondateurs et Francoise Bricout la coordinatrice...Visite du village lacustre sur le lac Tonlé Sap ou opére l'association ainsi qu'une visite éclair du temple Bayon sur le site d'Angkor....Toujours aussi magique.
Réveil aux aurores pour poursuivre notre envolée plein sud en direction de la capitale Phnom Penh... Après 220 Km de bitume et de liberté au vent, Phnom Penh et son animation s'offre à nous sous une lumière diaphane et ambrée...Excitation extrème que d'arriver à ce point de départ pour lancer officiellement le projet "Des Rêves plein le Monde".
Phnom Penh nous retient 6 jours entre les prises de rendez vous, les interviews, les phases de rédactions...A travers toutes nos rencontres enrichissantes (journalistes, asso, écoles...), le projet prend tout son sens et devient "fantastiquement passionnant"....Cette fameuse route, dont on rêve depuis longtemps, va nous guider, en dehors des sites touristiques, vers les acteurs d'aujourd'hui (adultes) et de demain (enfants), de chaque pays...On réalise humblement notre chance de pouvoir vivre un tel projet. On se remémore alors les moments où on disait avant notre départ "On a la chance de faire ce projet". Aux gens de rétorquer : "Mais vous l'avez susciter en montant ce projet!!!".
Foutaises... La chance est bel et bien là... Chance d'avoir été bien entourés par l'équipe à terre, chance d'avoir rencontré des "énergies dynamisantes" qui ont su bien nous conseiller et croire en nous...Excès de modestie?? Point du tout.
Notre seul mérite....prendre la décision, à 400 % au fond de soi, de réaliser un de nos rêves. Après, la motivation, l'énergie, la niaque, les nocturnes...Tout cela vient naturellement et automatiquement, une fois la décision prise.
Les quelques jours à Phnom Penh ont été aussi l'occasion de prendre le pouls du "poumon" humanitaire que représentent les Organisations Non Gouvernementales (ONG). Plus de 2,000 ONG agissent sur le territoire Khmer pour soutenir la population. Certes, la pauvreté est omniprésente et la plupart des actions sont louables et sérieuses. Néanmoins, on apprend, au gré des discussions et rencontres, que l'action et le bilan de certaines ONG sont plus que criticables. Le "marché du pauvre" s'avère, pour certaines organisations, un vrai business, sous couverture humanitaire...Aisé, alors, d'attirer les généreux capitaux étrangers sur cette terre de promiscuité...L'absence de contre pouvoir semble flagrante et rend donc plus facile la dérive. Qui aurait l'extrème audace de condamner publiquement une ONG, se battant, soit disant corps et âmes, contre la pauvreté ou la prostitution?...Vigilance, vigilance, mère des vertus.
Autre piste de réflexion...L'activité d'une ONG dans un pays doit-elle être perenne? Ne peut-on pas s'étonner de "l'institutionalisation" de certaines ONG? Leur vocation n'est-elle pas de disparaitre à moyen terme, une fois leur mission accomplie? Le transfert de connaissances devrait, à nos yeux de néophytes, primer sur l'assistanat et la dépendance...
Nous quittons ce matin Phnom Penh pour le Sud du Vietnam.
Etrange sentiment que de partir d'un point de départ sur une route qui nous éloigne du point d'arrivée....En effet, nous mettons le cap au Sud Est pour Saigon (Ho Chi Minh Ville), alors que le cap devrait être Ouest, Nord Ouest vers l'Europe.
Ce crochet nous emmenera donc vers le sud du Vietnam, puis le Laos.
Nos chances de traverser les frontières du Myanmar (Birmanie) sont plus qu'infimes à l'heure actuelle. On vous en reparlera trés prochainement...Nous étudions les autres options de passage.
A bientôt